The History of A-Series Paper Sizes

Si vous entrez dans presque n'importe quelle pièce – bureau, studio, école, etc. – vous y trouverez presque toujours un rectangle de dimensions très précises.

C'est d'une banalité absolue, un élément du décor. Alors, laissons-nous aller à une certaine idéalisation, voulez-vous ? La série A est l'une des infrastructures les plus réussies du design ; il est difficile d'imaginer une alternative. C'est un système mondial, fondé sur la géométrie, qui a transformé des siècles d'habitudes papier contradictoires et désordonnées en un système évolutif et reproductible.

Confus?
Ils ne les impriment plus comme avant…

Avant la série A, le papier était plus local. La Grande-Bretagne utilisait le format « foolscap » et une petite gamme de feuilles portant des noms spécifiques à la royauté (couronne, demy, royal, impérial, éléphant). La France, quant à elle, conservait une multitude de formats adaptés aux besoins des imprimeries et des marchés plutôt qu'à ceux des machines. Cette diversité s'est avérée rapidement insuffisante, car l'essor de l'imprimerie industrielle, la bureaucratie et, plus tard, la photocopie ont nécessité une plus grande prévisibilité. Si chaque fournisseur, relieur, plieur, fabricant et imprimeur devait estimer le format de la page, les coûts exploseraient. Dans ce contexte, la standardisation était un choix nécessaire, tant sur le plan logistique qu'économique. La première mention écrite connue de cette idée apparaît dans une lettre de 1786 du scientifique allemand Georg Christoph Lichtenberg, qui soulignait l'intérêt pratique d'un rectangle conservant ses proportions après avoir été coupé en deux. Nous, designers, tenons aujourd'hui pour acquis ce comportement de « mise à l'échelle sans distorsion », mais il a bien eu lieu. Cette approche systématique et séduisante exigeait que le papier conserve les mêmes proportions lorsqu'on le coupait en deux. Cela n'était possible qu'avec un rapport hauteur/largeur de √2, c'est-à-dire que le rapport entre le côté le plus long et le côté le plus court restait constant lorsqu'on coupait la feuille en deux.

Il fallut plus d'un siècle pour que cette observation devienne une norme nationale. En 1922, l'Allemagne publia (une fois de plus !) la norme DIN 476, définissant les séries A, B et C et remplaçant un ensemble disparate de formats existants par un système cohérent et compatible avec le système métrique. Le système s'appuie sur le format A0 : une feuille d'une surface d'exactement un mètre carré (avant arrondi), puis divise la série en deux – A1, A2, A3 – jusqu'au format le plus connu : A4, de 210 × 297 mm. En 1975, l'Organisation internationale de normalisation adopta ce système sous la référence ISO 216, en faisant la norme mondiale. C'était une période assez particulière, et cette décision fut très probablement influencée par les progrès technologiques de l'époque, comme la démocratisation des photocopieurs.

Regardez comme les photocopieurs étaient énormes !

Alors que la série A est le format de document courant – conçu pour que les mises en page puissent être agrandies ou réduites sans modification des proportions –, la série B se situe entre les formats A. Elle est plus fréquemment utilisée par les imprimeurs de grands formats et est généralement employée dans certains travaux d'impression où les coupes, les fonds perdus ou les marges bénéficient d'un format intermédiaire. Elle est également utilisée dans certains secteurs de l'édition et de l'emballage, et comme format de feuille de base pour créer efficacement des formats de la série A. La série C est le pendant postal des deux précédentes, conçue pour les enveloppes et le publipostage, avec des dimensions permettant d'insérer une feuille de la série A sans pliage complexe. Par exemple, A4 dans C4, A5 dans C5 et A4 plié dans C5.

Cette standardisation a sans doute fortement influencé les designers ; après tout, les proportions définies déterminent l’architecture des pages, les décisions de production et même notre façon de parler du travail. Nous utilisons le format A comme norme pour de nombreux éléments – petites affiches, panneaux, etc. – en raison des contraintes du cahier des charges. Par exemple, le café dont vous venez de créer l’identité visuelle ne dispose que d’une imprimante standard pour imprimer ses menus du jour. C’est un choix par nécessité, certes, mais un choix tout de même. Ce format est désormais omniprésent : scanners, imprimantes, enveloppes, classeurs à anneaux, etc. Et comme le format A4 est le plus utilisé au quotidien, son rectangle a imposé au monde entier l’apparence d’un document. C’est une norme si répandue qu’elle est devenue un élément incontournable de notre vie quotidienne.

Petit bonus : regardez comme c'est amusant !

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